Le battodo est un art martial traditionnel issu de l’escrime médiévale japonaise, le battodo étudie les techniques de coupe avec un sabre, le katana.

La lame du katana, légèrement courbe avec un tranchant unique extrêmement aigu, privilégie une escrime de taille, mais longue d’au moins soixante centimètres et jusqu’à soixante-quinze, elle forme une arme pesant de l’ordre de neuf cents grammes à plus d’un kilo cent.

Contrôler la trajectoire durant la coupe et l’inertie à la fin de celle-ci, requière une position stable, une prise ferme et un ressenti précis du déplacement. De plus la coupe n’est le but final qu’en conjonction avec l’évolution de la situation de conflit.

La vigilance permet la détection précoce d’une menace, et place alors esprit et corps en posture de combat (ce qui laisse à l’adversaire la possibilité de rompre), si celui-ci persiste, en un crescendo maîtrisé l’avertissement évolue en menace puis le sabre commence à sortir du fourreau. Dès lors que l’adversaire ne renonce toujours pas le sabre est tiré, intensifiant la menace puis armé et exécute finalement une coupe fatale.
La vigilance restée soutenue évalue la nouvelle situation avant de poursuivre… ou de retourner le sabre au fourreau.

Conscience, vigilance, concentration, bien difficiles à maintenir en esprit s’accompagnent physiquement trop souvent de lenteurs, de raideurs auxquelles l’entraînement doit remédier.

L’apprentissage de l’escrime japonaise est compliqué par les extrêmes capacités tranchantes du sabre, il n’est pas possible de travailler à deux au katana comme le pratique le kendo au shinaï ou le kenjutsu au boken, or la notion de distance est primordiale dans le combat, l’entrainement en battodo alterne donc exercices à deux au boken et travail seul au boken et ( puis ) au katana.

Les gardes, les différentes coupes, des éducatifs fixant les gestes corrects sont ainsi répétés avec un partenaire ; les katas qui décrivent la meilleure réponse à une attaque particulière sont de même abordés précisant rythme d’engagement, distance, opportunité d’attaque.
Dégainer et rengainer les soixante-dix centimètres d’acier très coupant du sabre se pratique évidemment seul et précède l’exercice culminant de la coupe sur un rouleau de paille tressée humide.

Le sabre n’étant plus une arme usitée, cette coupe fournit une référence objective, mais les techniques guerrières, jutsu, ont mué en voies martiales, do, concept profondément japonais ou le perfectionnement technique issu des entraînements physiques répétés est surtout le tuteur d’un perfectionnement mental, la coupe concentre « ici et maintenant » cette rencontre de la volonté, de la matière et de l’homme,

L’esprit, le sabre, le corps : ki, ken, taï

Fabrice van de Walle